The Ditty Bops - Bye Bye Love
C'est très facile de détester quelqu'un pour ce qu'il a et que nous n'avons pas. Reste là, accroche moi, remplis moi, arrête ça. Jamais. Ma façon de fuir ce musée des horreurs, c'est la froideur. Je ne ressens rien (je voudrais ne rien...), je n'attends rien. Je triche. Je me contente de rester allongée les bras croisés sous la nuque sur ma feuille blanche, je suis ma propre tâche d'encre sans un souffle sans un bruit. Oh oui, c'est en ça que je t'affirmais que je ne sais pas aimer. Et après je viens dire que je ne comprends pas ces garçons auxquels je m'attache contre toute logique? Mais si, mais si. Je comprends très bien. Eux, c'est moi. La vue en moins.
_ ' + Ces hommes que j'ai de toutes mes forces essayé de ranimer, n'était-ce pas ma propre image?
_ ' + Pourquoi cette obsession de l'amour en toute chose, alors qu'à chaque vérité son contraire, et si
_ ' + amour il y a, chaos existe aussi? En fait j'ai une tendance quasi automatique à choisir mon anti-thèse
_ ' + miroir, et puisque je sais qu'il n'est cet être pur que ma vie réclame, j'essaie de toutes mes forces de
_ ' + le changer, de façonner le garçon élu pour qu'il y ressemble; grotesque parodie recousue du prince
_ ' + charmant, sur lequel je projette ensuite mon amour gluant et sans sentiments aucun. A la façon de
_ ' + May dans le film du même nom; parfois le garçon y perd sa propre identité, parfois il s'enfuit et joue
_ ' + de ma faiblesse, mais cet être c'est moi qui l'ai semé, et je le récolte toujours. Vous remarquez
_ ' + combien le je est présent dans ma relation à l'autre? Comme si je dominais tout, ce qui est
_ ' + effectivement le cas. Et dieu sait (ou quelqu'un d'autre d'ailleurs) que je ne me complais pas dans
_ ' + cette position; bien sur avant j'évitais ainsi la confrontation en choisissant toujours moins éclairé que
_ ' + moi, cependant à présent à l'inverse j'aimerais converser avec des âmes plus instruites que moi,
_ ' + pour apprendre et lâcher prise.
Peut-être aussi me tuerai-je pour avoir libéré. Celui qui plonge est seul, sa descente est intime.
Si la réunion de deux âmes est mon aboutissement, et la liberté ma voie, je ne puis finir qu'écartelée, car celui que j'aimerais aura pour voie cette même liberté exclusive, cette dissolution du moi dans un monde que je ne pourrais jamais voir à travers ses yeux, car il n'en aura pas besoin. En voulant tout de lui, en le libérant de moi, je n'aurais connu qu'une seconde d'éternité avant de devenir cendres, c'est certainement bien assez. Je ne fais pas encore confiance au point de croire qu'un autre plongera avec moi, que sa liberté résidera justement dans cet ultime choix: toi + moi. Se serrer la main, et sauter. Concilier tendrement être libre de tout et s'aimer plus que tout. Oui, c'est bien la fin de Bonnie and Clyde, mais je ne veux pas y croire, car y croire signifierait passer ma vie loin de l'inutile dans une solitude plus vaste et plus vraie que tout. Pourtant en y mettant des mots je fais exister, et j'ai déjà cette foi. Je peux bien le dire... J'ai tellement, tellement peur de mourir sans t'avoir connu. D'aller dans cette finalité qui n'a plus de sens à mon essence si l'amour n'en fait pas partie. L'inconnu ne m'inquiète pas. Non, c'est de glisser dans l'accompli sans avoir été complète. De mourir sans toi.
Pourquoi est-ce que je continue de protéger les autres? Ce n'est pas moi qui ne sais aimer, finalement. C'est vous, qui avez peur, n'êtes pas à votre propre hauteur; ou bien encore êtes vous de ceux qui sont chaos plutôt qu'amour. Je ne devrais ni vous haïr, ni mentir pour vous, c'est ainsi. Outre le fait plaisant d'être aimée en tant que femme, je voudrais être aimée en tant que Libertée (hé oui, au féminin); il n'y aurait de plus grande plénitude à mon coeur que d'être la muse de celui que j'aime, de celui qui serait pour moi Le Monde. Voyez, il me reste du chemin à parcourir avant que nous puissions nous trouver :]. Dire bonjour au sage qui ne confond pas. Confondre les choses, ça excuse l'égoïsme. Je peux comprendre, mais ne venez pas m'imposer votre cécité comme réponse à mon regard. Passez votre chemin, je n'ai rien de commun: je suis humain.
Tâche d'encre à la dérive sur un néant océan. Immobile et songeuse.
C'est très facile de détester quelqu'un pour ce qu'il a et que nous n'avons pas. Reste là, accroche moi, remplis moi, arrête ça. Jamais. Ma façon de fuir ce musée des horreurs, c'est la froideur. Je ne ressens rien (je voudrais ne rien...), je n'attends rien. Je triche. Je me contente de rester allongée les bras croisés sous la nuque sur ma feuille blanche, je suis ma propre tâche d'encre sans un souffle sans un bruit. Oh oui, c'est en ça que je t'affirmais que je ne sais pas aimer. Et après je viens dire que je ne comprends pas ces garçons auxquels je m'attache contre toute logique? Mais si, mais si. Je comprends très bien. Eux, c'est moi. La vue en moins.
_ ' + Ces hommes que j'ai de toutes mes forces essayé de ranimer, n'était-ce pas ma propre image?
_ ' + Pourquoi cette obsession de l'amour en toute chose, alors qu'à chaque vérité son contraire, et si
_ ' + amour il y a, chaos existe aussi? En fait j'ai une tendance quasi automatique à choisir mon anti-thèse
_ ' + miroir, et puisque je sais qu'il n'est cet être pur que ma vie réclame, j'essaie de toutes mes forces de
_ ' + le changer, de façonner le garçon élu pour qu'il y ressemble; grotesque parodie recousue du prince
_ ' + charmant, sur lequel je projette ensuite mon amour gluant et sans sentiments aucun. A la façon de
_ ' + May dans le film du même nom; parfois le garçon y perd sa propre identité, parfois il s'enfuit et joue
_ ' + de ma faiblesse, mais cet être c'est moi qui l'ai semé, et je le récolte toujours. Vous remarquez
_ ' + combien le je est présent dans ma relation à l'autre? Comme si je dominais tout, ce qui est
_ ' + effectivement le cas. Et dieu sait (ou quelqu'un d'autre d'ailleurs) que je ne me complais pas dans
_ ' + cette position; bien sur avant j'évitais ainsi la confrontation en choisissant toujours moins éclairé que
_ ' + moi, cependant à présent à l'inverse j'aimerais converser avec des âmes plus instruites que moi,
_ ' + pour apprendre et lâcher prise.
J'ai peur de cette partie de moi que je tente de dissimuler, parce que ça signifie la mort. Ca peut être surmontable, pourtant. Mais je ne m'y risque pas, aucune parcelle d'aucun membre ne dépasse de mon radeau blanc voguant sur ce noir infini: plonges-y, bon sang! Achève ton égo, achève ton existence même, achève cette quête que tu as commencé.
Peut-être aussi me tuerai-je pour avoir libéré. Celui qui plonge est seul, sa descente est intime.
Si la réunion de deux âmes est mon aboutissement, et la liberté ma voie, je ne puis finir qu'écartelée, car celui que j'aimerais aura pour voie cette même liberté exclusive, cette dissolution du moi dans un monde que je ne pourrais jamais voir à travers ses yeux, car il n'en aura pas besoin. En voulant tout de lui, en le libérant de moi, je n'aurais connu qu'une seconde d'éternité avant de devenir cendres, c'est certainement bien assez. Je ne fais pas encore confiance au point de croire qu'un autre plongera avec moi, que sa liberté résidera justement dans cet ultime choix: toi + moi. Se serrer la main, et sauter. Concilier tendrement être libre de tout et s'aimer plus que tout. Oui, c'est bien la fin de Bonnie and Clyde, mais je ne veux pas y croire, car y croire signifierait passer ma vie loin de l'inutile dans une solitude plus vaste et plus vraie que tout. Pourtant en y mettant des mots je fais exister, et j'ai déjà cette foi. Je peux bien le dire... J'ai tellement, tellement peur de mourir sans t'avoir connu. D'aller dans cette finalité qui n'a plus de sens à mon essence si l'amour n'en fait pas partie. L'inconnu ne m'inquiète pas. Non, c'est de glisser dans l'accompli sans avoir été complète. De mourir sans toi.
Pourquoi est-ce que je continue de protéger les autres? Ce n'est pas moi qui ne sais aimer, finalement. C'est vous, qui avez peur, n'êtes pas à votre propre hauteur; ou bien encore êtes vous de ceux qui sont chaos plutôt qu'amour. Je ne devrais ni vous haïr, ni mentir pour vous, c'est ainsi. Outre le fait plaisant d'être aimée en tant que femme, je voudrais être aimée en tant que Libertée (hé oui, au féminin); il n'y aurait de plus grande plénitude à mon coeur que d'être la muse de celui que j'aime, de celui qui serait pour moi Le Monde. Voyez, il me reste du chemin à parcourir avant que nous puissions nous trouver :]. Dire bonjour au sage qui ne confond pas. Confondre les choses, ça excuse l'égoïsme. Je peux comprendre, mais ne venez pas m'imposer votre cécité comme réponse à mon regard. Passez votre chemin, je n'ai rien de commun: je suis humain.
Tâche d'encre à la dérive sur un néant océan. Immobile et songeuse.



