Se laisser illustrer par l'aube au Sacré-Coeur. Ce n'est pas un acte en soi, de se pencher sur la balustrade de Paris, mais mon âme s'est remplie de "La seule chose qui compte c'est l'instant" marqué sur une guitare sans cordes "Pour que chaque jour compte" disait Jack Dawson quand j'étais petite. On a fait visiter les alentours à un cadre Coréen en première visite parisienne, un directeur d'agence. "Can I keep it?". J'ai gardé sa carte de visite dans ma poche. J'ai croisé le regard électrique d'un homme en veston et baskets qui lisait un livre en marchant. "Regarde cette petite porte, je me demande sur quoi elle donne?" ... "Il t'a brûlé des yeux" "Suivons le!". Il habite au 3 rue de L'écuyer. Je vais retourner laisser un post-it à l'homme aux yeux mangés de bleu. "32" "34". Et s'il avait 33 ans, l'âge du Christ? J'ai été aimée par un messie autrefois, je lui avais tenu la main lui allongé les pieds dans l'eau moi jouant sur son visage avec une branche d'arbre. Le soleil s'est levé sur le Sacré-Coeur. Le dessin de la Coréenne en basket s'est arraché des lignes de son carnet. Vivante. Et si moi aussi je ressuscitais?
"Combien de temps sans avoir rencontré une belle fille?" "Tu veux dire, une fille qui sait sourire avec ses yeux?" "Oui" "Combien de temps passe t-on sans se sourire à soi?". La question que j'ai bu. Il y avait cet homme, assis sur les marches. "Tu vois, c'est de ces êtres là dont je devrais tomber amoureuse. Le reste c'est vanité, apparences, projection. Lui, là, il est assis là, tout seul, il est venu se gonfler de vie. Il existe en dehors de moi. Pourtant nous sommes venus faire la même chose silencieuse, on se recueille devant l'oiseau endormi en haut du lampadaire, comme ça. Parce que le monde est beau". Mon frère sourit. Agrippés aux barreaux de la palissade, on a regardé Paris s'éveiller paresseusement autour de la Tour Eiffel.
Procrastination.
C'est pour les aveugles.
